À quoi sert vraiment un fonds d’urgence
Un fonds d’urgence, c’est une réserve d’argent disponible tout de suite pour absorber un choc : une panne, une dépense de santé, une période sans revenu, un déménagement imposé, un gros imprévu familial.
Ce n’est pas :
- un budget “vacances” (prévu)
- une enveloppe “cadeaux” (prévu)
- de l’argent placé avec risque (si tu peux perdre 10% au mauvais moment, ce n’est plus un filet)
En bref : ton fonds d’urgence = (dépenses essentielles mensuelles × nombre de mois) – ce que tu as déjà de disponible. Si tu hésites, vise d’abord 1 mois comme palier, puis 2–3 (revenus stables) ou 4–6 (revenus irréguliers/charges lourdes).
L’objectif n’est pas de te “rassurer” abstraitement. L’objectif, c’est d’acheter du temps. Le temps de choisir. Le temps de ne pas subir.
Le calcul en 3 nombres (simple, mais réaliste)
Le fonds d’urgence se calcule avec trois éléments : tes dépenses essentielles, le nombre de mois que tu veux couvrir, et ce que tu as déjà.
1) Tes dépenses essentielles mensuelles
Prends un mois “normal” et additionne uniquement ce qui te permet de tenir sans te mettre en danger :
- logement (loyer/crédit)
- énergie, eau, internet/téléphone
- alimentation de base
- transport nécessaire
- assurances
- santé
- minimums de dettes (si tu en as)
Laisse de côté le reste (restaurants, achats plaisir, sorties). Si l’imprévu arrive, tu pourras ajuster ces postes-là temporairement.
2) Ton nombre de mois (adapté à ta vie)
On voit souvent “3 à 6 mois” partout. Ça peut être juste… ou complètement excessif selon ta situation.
Repère simple :
- 1 mois : si tu pars de zéro et que tu veux éviter le mode panique au premier imprévu
- 2 à 3 mois : si tes revenus sont plutôt stables et que tu peux réduire rapidement tes dépenses
- 4 à 6 mois : si tu es indépendant, si ton secteur est incertain, si tu as des personnes à charge, ou si tes charges fixes sont très élevées
Si tu as déjà l’impression que “tout tombe en même temps”, commence par viser un premier palier (par exemple 1 mois). Tu consolideras ensuite. (Voir : Quand tout tombe en même temps.)
3) Ce que tu as déjà de disponible
Soustrais ce qui peut réellement jouer ce rôle sans te mettre en difficulté :
- une épargne liquide (accessible)
- un petit matelas sur ton compte courant (si tu arrives à le laisser en place)
N’inclus pas de l’argent dont tu auras besoin le mois prochain (impôts, assurance annuelle) : ça, ce n’est pas de l’urgence, c’est du “prévu mais irrégulier”.
Exemple concret (pour que ce soit clair)
Imaginons que tes dépenses essentielles soient à 1 400 € par mois.
- Palier 1 (1 mois) : 1 400 €
- Palier 2 (3 mois) : 4 200 €
- Palier 3 (6 mois) : 8 400 €
Si tu as déjà 900 € de côté et que tu vises 3 mois : 4 200 € - 900 € = 3 300 € à constituer.
Ensuite, tu transformes ce chiffre en plan : 3 300 € sur 11 mois = 300 € / mois (ou 75 € / semaine). Si c’est trop, tu rallonges la durée. Le bon plan, c’est celui qui tient sans te cramer.
Comment le constituer sans te punir
Le piège classique, c’est de vouloir aller vite et de se dégoûter. Une approche plus stable :
Commencer par un “petit coussin”
Ton premier objectif peut être 300 €, 500 €, 1 000 € (selon ton contexte). L’intérêt : casser le scénario “un imprévu = découvert”.
Automatiser un minimum
Même un montant modeste mais régulier vaut mieux que des grands efforts ponctuels. Si l’épargne est déjà difficile, ce guide peut aider à remettre de la structure : Épargner sans y arriver.
Définir une règle de re-remplissage
Quand tu utilises le fonds d’urgence, tu le reconstitues ensuite en priorité, comme si tu “réparais le filet”.
Comment Boney aide (sans prendre le dessus)
- Créer un budget “Fonds d’urgence” dans la catégorie Épargne et objectifs, avec une limite hebdo/mensuelle/annuelle.
- Visualiser ton avancement sans multiplier les tableaux : ce budget devient ton repère.
- Ajuster la temporalité (semaine/mois/année) sans recalculer à la main, grâce aux conversions automatiques.
- Garder ton plan réaliste en le comparant au reste de tes budgets (ce qui t’évite de sur-ambitionner).